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Trouvez Raisin Amers en replay. ... disponibles en France sur Arte+7 Jusqu’à le 20 Septembre.


Plein aux as, un charisme fou et une mémoire exceptionnelle pour les millésimes, le jeune Rudy Kurniawan ne tarde pas à se tailler une réputation de fin connaisseur, s'entourant des plus grands amateurs de vins de la haute société californienne. Mais quand Bill Koch, un très grand collectionneur américain et Laurent Ponsot, un vigneron de Bourgogne, découvrent des bouteilles suspicieuses, une enquête pleine d'humour et de suspense commence pour révéler l'une des arnaques les plus ingénieuses de notre ère.

 

 

Un film de Jerry Rothwell et Reuben Atlas

JERRY ROTHWELL est un réalisateur de documentaires dont les titres incluent les longs métrages récompensés : How to Change The World sur les fondateurs de Greenpeace; Town Of Runners sur 2 jeunes filles d'un village éthiopien qui aspirent à être des athlètes; Donor Unknown sur un donneur de sperme et sa nombreuse descendance, Heavy Load sur un groupe de musique punk dont les membres ont des difficultés d'apprentissage et Deep Water sur le tour du monde maudit du navigateur Donald Crowhurst en 1968. Au sein de Met Film Production, il a été producteur exécutif et a monté plusieurs longs métrages documentaires dont Men Who Swim de Dylan Williams et The Village At The End Of The World de Sarah Gavron. http://www.jerryrothwell.com

REUBEN ATLAS (Réalisateur) est un réalisateur new-yorkais primé, il est aussi producteur et avocat. Son premier documentaire, Brothers Hypnotic, a été présenté en avant-première au SXSW Film Festival en 2013. Coproduit par ITVS et NTR, le film bénéficiera en 2014 de diffusions TV à l'échelle internationale et d'une diffusion sur la case Independent Lens de PBS. Reuben travaille actuellement en co-réalisation avec Sam Pollard à un nouveau projet documentaire sur le groupe communautaire controversé ACORN, projet soutenu par l'Institut Sundance, Tribeca et la bourse Pare Lorentz. Auparavant, Reuben a travaillé dans une prison à niveau de sécurité maximal et en tant qu'avocat commis d'office.

 

Note d'intention des réalisateurs

La plupart des gens se moquent de ceux qui payent ne serait-ce que 50$ pour une bouteille de vin, alors le potentiel allégorique d'une histoire sur des contrefaçons de bouteilles à 10000 $ semblait illimité. A l'ère du numérique où les notions d'authenticité sont sans cesse bousculées, nous voulions tous deux explorer le conflit de valeurs entre la culture, l'artisanat et la fortune extrême où les goûts raffinés semblaient refléter de plus larges contradictions sociales.

Possédant peu de connaissances sur « le jus » comme l'appelle Laurent Ponsot, et encore moins sur le monde des grands vins, la fraude de Rudy a dès le début confirmé toutes nos idées préconçues sur les manières affectées des amateurs de grands vins.

Pour nous, l'histoire était une sorte de doigt d'honneur à ce sommelier avec ce truc pendu à son cou qui vous dit pourquoi le vin que vous avez commandé ne convient pas.

Nos jugements se sont adoucis lors du procès de Rudy, où nous avons assisté à un défilé à la barre de personnages incroyables pour qui le vin offrait des expressions infinies de la créativité humaine.

Après avoir visité les vignes de Ponsot en France, nous en sommes arrivés à admirer l'art du vigneron, ancré dans les terres complexes de la Bourgogne. Nous avons rencontré des sommeliers terre-à-terre et des collectionneurs avec une authentique passion sans aucune prétention. L'idée que du jus de raisin fermenté puisse être une forme d'art ultime, que les bouteilles vieillies pendant des décennies peuvent être vues comme une partie d'histoire que l'on peut consommer tout en goûtant à l'amour de l'artiste, tout cela s'est précisé pour nous.

Et ensuite il y avait Rudy – mi Attrape moi si tu peux, mi Gatsby, mi Beltracchi – qui, pour la plupart de ceux qu'il côtoyait, semblait incarner toutes les plus grandes qualités d'un rarissime Grand Cru.  Plus on s'enfonçait dans son histoire et son passé, plus il devenait mystérieux. Sa piste nous a menés dans de louches affaires de fonds bancaires volés, de détectives privés et de fausses identités – et à questionner ce qui finalement semble bien être impossible à retracer : les origines et la portée de ses activités.

Comme dans toutes les bonnes fables, l'histoire de Rudy est ambiguë. Devrions nous célébrer ses contrefaçons ingénieuses qui ont mis à mal les clichés prétentieux que le vin incarne parfois ? Ou bien cette arnaque artistiquement menée est-elle symptomatique d'une culture frauduleuse - une sorte de version moderne du conte d'Andersen « Les habits neufs de l'empereur » - se développant à l'heure où notre système financier tout entier était mis à mal?